En 1983, le lieutenant-colonel David J. Dean (United States Air Force) remet sur le devant de la scène la doctrine de l’Air Control, élaborée durant l’entre-deux-guerres pour le contrôle de l’empire colonial britannique, et qui repose en grande partie sur l’aviation. Cette doctrine, codifiée au milieu des années 1930, fait la synthèse des pratiques réalisées dans l’outre-mer britannique par la Royal Air Force depuis la fin de la Grande Guerre.
L’Air Control prend ses origines au Somaliland en 1920 avec l’intervention contre le « Mad Mullah », qui semait le désordre dans la région depuis plus de 15 ans. Le succès, obtenu en trois semaines et pour un coût très réduit, a fait prendre conscience de l’intérêt de l’avion comme outil de contrôle impérial. La pratique alors en vigueur depuis le XIXe siècle, incarnée par les colonnes punitives, est remise en question. La RAF peut ainsi se trouver une mission singulière afin de garantir son indépendance, acquise en 1918, et menacée par la démobilisation et les coupes budgétaires attenantes. Forte des arguments du coût, de l’efficacité et de la rapidité d’intervention, la RAF milite donc pour obtenir le premier rôle dans la défense des autres colonies.

 

Guillaume MULLER

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Les dangers de l’histoire idéalisée l’exemple de l’Air Control

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